culture locale

Mercredi 4 novembre 2009

Sur l’île on ne peut se passer de savate deux doigts, traduisez « semelle qui se glisse entre deux doigts de pied », ou tout simplement « tong ». Autrefois on marchait les pieds « parterre »  , l'expression trouvée dans une copie d'élève m'a fait sourire- Elle signifie en créole "on marchait pieds nus" . Mais on a fait des progrès depuis en adoptant  la savate.

Ce qui m’a surpris en allant à l’école, c’est que seules les filles mettaient  des sandalettes. Les garçons n’ont jamais les orteils à l’air : un collégien m’a expliqué que « ça ne se faisait pas » ! En fait cela doit relever du prestige, peut-être témoigner de l’ascension sociale : par conséquent les adolescents chausseront des baskets, ou d’autres chaussures, mais toujours des chaussures fermées !

Quelle variété aussi dans les savates deux doigts ! On en voit de toutes les couleurs, de toutes les matières, avec des paillettes, des dorures, des ornements… et à tous les prix.

A plusieurs reprises j’ai vu des filles en grande difficulté parce que l’une des savates s’était cassée : la première victime est rentrée chez elle, pieds nus, la seconde je l’ai envoyée chez un agent du collège qui lui a rafistolé et collé la chaussure.

Par Jacqueline Dallem
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Mercredi 14 octobre 2009


Cela peut paraître anachronique, à une époque où le transport de la canne se fait par cachalot de voir une charrette attelée de bœufs dans la zone artisanale de St Pierre. Une idée originale pour découvrir le patrimoine
Sandi, un jeune Réunionnais, âgé de 26 ans, a bénéficié du savoir – faire de son grand-père, c’est à dire maîtriser un attelage, et fort de cette science, il propose à tous ceux qui aiment l’île de découvrir de nombreux aspects de la vie lontan (du passé).



 Avec lui, on se familiarise avec les cris du bouvier qui dirige ses bêtes, avec la culture de la canne à sucre, dont il connaît tous les secrets ( préparation du terrain, plantation des boutures, entretien dépaillage et désherbage, récolte, variété des espèces…) Il explique aussi qu'ici des rochers délimitent les terrains. En passant près d’un verger il nous fait observer les fleurs de papayers pour distinguer le pied mâle du pied femelle, nous montre les combavas, des mandariniers, des abricotiers…



 L’évolution de l’irrigation est aussi abordée : autrefois la région de St Pierre était irriguée par l’eau du canal qui n’existe plus aujourd’hui, désormais la grosse conduite descendant de la montagne distribue l’eau et dans tous les champs sont posés des tuyaux. 

                         

Des aspects techniques ont aussi été abordés, comme la confection des jougs, la nature des bois utilisés ( en l’occurrence le bois d’olive), le système de freinage, les trois phases de dressage des taureaux à marcher ensemble. Très proche de ses animaux, il sait les soins qu’il faut leur apporter, la nourriture qu’on peut leur donner ( pour ne pas les suralimenter et les rendre inopérationnels ) Il nous parle aussi de la fixation des fers sous les sabots qui peut s’avérer très délicate (un seul forgeron maîtrise la technique sur l’île !)

             

En mélangeant avec bonheur le créole et le français, ce jeune passionné, très souriant, répond à toutes nos questions. On sent qu’il aime son terroir. Il prévoit de peaufiner ce circuit en ajoutant des dégustations de carrys faits de façon traditionnelle dehors au feu de bois. Et il projette la réalisation d’un livret pour divulguer ses connaissances. Une idée formidable !
Pendant ce parcours, qui dure plus d’une heure, il arrête son attelage pour partir dans les champs de canne et couper une canne aves con sabre, l’écorcer avec son opinel et en couper des morceaux pour les faire goûter aux passagers de la charrette.

                     

Un peu de pub pour ce charmant guide, il le vaut bien...
www.charretteboeufreunion.com
0693047910




Par Jacqueline Dallem
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Mardi 8 septembre 2009

C'est la "vavangue", un joli nom qui peut aussi devenir un verbe !
On la trouve souvent sur les éboulis des ravines, entre 0 et 600 mètres. Ce fruit rond de la taille d’une balle de ping- pong pousse sur des arbrisseaux au feuillage caduc (il paraît que les feuilles sont très larges). Si nous avons pu voir les fruits, c’est que les feuilles étaient tombées, eh oui c’est encore un peu l’hiver ! bien que le thermomètre affiche 26°

Quand les enfants autrefois « vavanguaient, filaient dans les vavangues, ou vanguaient »  , c’est qu’ils n’allaient pas à l’école, c’était une expression pour désigner « l’école buissonnière ». Pas compliquée la conjugaison : mi vavangue, ou vavangue, li vavangue…C’est Huguette Payet, une enseignante réunionnaise, joueuse de banjo dans le groupe instrumental « Vavangue » qui un jour m’a expliqué cette origine.




Alix nous a fait découvrir ce fruit pendant la randonnée


C’est actuellement la période de fructification, elle a lieu de septembre à décembre. Le fruit doit être marron et de consistance molle. Par temps sec, il se dessèche et la pulpe devient spongieuse. Mûr il a un goût acidulé, un  goût  de la compote de pomme. On l’utilise aussi  en raison de sa richesse en tanin, en médecine traditionnelle contre les dysenteries, les hémorroïdes, les diarrhées...


 
la vavangue en septembre, sur le Chemin des Anglais

Aujourd'hui on ne "vavangue" plus, on "bâche" ... mais c'est la même chose !
Par Jacqueline Dallem
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Samedi 11 juillet 2009

 

La « batay-coq »  est en principe interdite par la loi, mais elle est tolérée sur l’île comme exception culturelle. Le samedi après-midi ou le dimanche matin, on se retrouve aux « ronds » de Saint Louis, du Tampon … (ce sont des arènes de 8m de côté)pour miser sur des volatiles qu’on a élevé spécialement pour ces combats. Un de mes collègues qui en fait l’élevage m’a confié que le coq combattant devait être âge de 1 à 2 an, qu’il lui avait donné des ti noms : l’un d’entre eux s’appelle « Mac Tyson », du nom d’un boxeur célèbre. Pour leur donner de l’énergie avant le combat, il leur fait avaler de la Vitamine C. Pas de « zamal », car le cannabis affaiblit l’animal, qui s’avachit . Le maître du coq est aussi son soigneur. Pendant le combat, il l’éponge, le masse, le caresse, l’encourage.


coq au marché de St Pierre


Actuellement on croise les coqs iraniens (puissants) avec des coqs cambodgiens (très rapides)Le coqs égyptiens sont aussi très prisés pour les croisements. Les sommes misées par les parieurs sont considérables. . Ce qui rend les coqs hargneux est de se trouver bec à bec avec une autre espèce. Le match dure deux heures au maximum.  Le combat est remporté par l’animal qui réussit à mettre la crête de son adversaire à terre. Quand le coq n’est plus en mesure de combattre, il passe à la casserole et il lui faut 8 heures de cuisson pour être tendre.

                          Coq dans une basse - cour des Trois Mares

Par Jacqueline Dallem
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Mardi 28 avril 2009

La ville du Tampon est dynamique sur le plan culturel. A côté de la superbe  médiathèque s'élève le grand bâtiment blanc du Théâtre Luc Donat*.

Celui-ci attire une foule de spectateurs :  par exemple actuellement à l'affiche des concerts de qualité comme celui de Villancico, des opéras tels que la Créole d'Offenbach, des danses arabo-berbères, une pièce de théâtre contemporaine. Des artistes isolés ou groupes locaux et internationaux s'y produisent. On vient des quatre coins de l'île pour assister aux diverses représentations. Chaque semaine un spectacle de qualité.


 
Deux vues du théâtre

Luc Donat* est un violoniste de jazz (1925 - 1989) adepte du sega (danse de la Réunion)
Par Jacqueline Dallem
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